LA
SOUFRIERE
Samedi 19 avril
En
ce début de week-end pascale (de pâque), nous avons décidé
avec Steph d'aller crapahuter sur la Basse Terre. Quand je dis crapahuter,
je ne blague pas puisque l'objectif n'était peut être pas
K2 (l' Himalaya) mais le volcan de la Soufrière (plus haut sommet
de la Guadeloupe :1460 m tout de même).
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La
Soufrière
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Donc
nous sommes parti ce matin vers les coups de 11h en direction de Saint Claude,
lieu de départ de notre randonnée. Ce qui il y a de formidable
ici, c'est qu'en 1heure et des brouettes vous pouvez passez des paysages
de plage et de lagon bleu à une végétation luxuriante
le long de la Côte sous le Vent. Après avoir parcouru 70 km
nous sommes arrivés au lieu dit Les Bains Jaunes à 954 m d'altitude.
Juste
le temps de prendre l'appareil photo, les chaussures de rando et le sac
à dos et nous voici partis sur le sentier de la Soufrière.
Sur les premiers mètres nous foulons un chemin de pierre construit
jadis pas un régiment d'infanterie :Le Pas du Roy, avec un tel
nom pour un peu on se serait cru au Puit du Fou, mais avec les yeux pas
du tout !
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Comme
partout
ici en forêt, on trouve des arbres immenses aux feuilles gigantesques,
des petits ruisseaux et des lutins qui dansent autour de jolies fées
! (non là j'en rajoute un poil, si il y a des lutins ils sont plutôt
discrets !)
Après
20 minutes de marches nous atteignons le Plateau des mulets et apercevons
de plus près le vif du sujet. Le volcan nous domine et est envahi
d'une couche nuageuse à mi-hauteur. La vue sur la côte nous
rappelle que nous sommes désormais à plus de 1000m d'altitude.
En effet la ville de Saint Claude paraît bien petite et l'océan
semble lié au ciel tellement leur bleu s'apparente. Pourtant au
dessus de nos têtes c'est une autre histoire le temps ne semble
pas au beau fixe et ce sont les nuages qui obscurcissent le lieu par leur
passage. Heureusement ceux ci ne restent jamais très longtemps
et nous permettent tout au long de l'ascension d'admirer au loin la côte.
Pour
un dépaysement c'est plutôt réussi car le lieu n'a
rien d'apparent avec tout ce que nous avons pu voir de la Guadeloupe depuis
ces 3 premiers mois. Plus nous montons plus le paysage change. La rocaille
prend la place de la végétation, quelques arbustes et des
fougères arborescentes remplacent les arbres géants qui
nous entouraient précédemment.
La nature se miniaturisent au fil des mètres et à la place
des feuilles géantes c'est désormais différentes
sortes de lichen qui retiennent notre attention mais aussi une odeur d'ufs
pourris plus que persistante : Le Souffre ! Heureusement le vent de plus
en plus présent balaye cette odeur tout au long de notre montée.
Une
autre chose nous impressionne c'est le calme qui règne et l'impression
totale d'arrêt du temps. Arrivée à la Grande faille(
une fissure assez large et très profonde dans la montagne) on se
croirait dans X-FILES tellement le paysage est peu commun.
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La
Grande Faille ou X FAILLE !
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Là,
le parcours se corse et se rapproche de l'escalade, la brume nous entoure
de plus en plus et la température chute. Alors qu'il faisait 32
°C à Petit Havre, il nous semble ne jamais avoir eu autant
une sensation de froid depuis notre départ de Métropole
car à vue de nez (et hérissement de poils) il doit faire
moins de vingt degrés. Cela fait déjà un moment que
nous avons enfilé nos t-shirt à manches longues et nos vêtements
de pluie lorsque nous arrivons au Sommet. On ne voit rien à 10
m et l'humidité se fait sentir par de fines gouttelettes. La légende
dit que Belzébuth traîne
par ici et vue l'obscurité et le froid ce ne serait pas étonnant
!
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Un bruit sourd et continu vient troubler le calme exemplaire qui régnait
quelques dizaine
de mètres plus bas. Une sorte de vrombissement d'avion qui passerait
constamment au dessus de la montagne. Erreur, nous ne sommes pas sur une
montagne mais bien sur un volcan, le bruit vient des fumerolles et autres
projections toxiques qui jaillissent de 2 gouffres aux
alentours du plateau volcanique.On se croirait en Islande ou sur le Massif
central tellement le paysage est atypique
La
descente nous permet de récupérer petit à petit une
température plus agréable et de retrouver une tenue estivale.
Arrivée au point de départ, nous savourons avec joie le
dépaysement vécu malgré les ampoules et autres courbatures.
Heureusement pour la petite histoire les bains jaunes ne sont autre que
des bains d'eaux chaudes sulfurées : rien de tel pour se détendre
après une bonne marche.
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